Budget 2026 : une ville fusionnée déjà en tension ?

Comptabilité

Le 15 mars dernier, M. Moroge a été élu maire de notre ville. Le résultat est clair, nous en prenons acte et remercions les 35,6 % de votant.e.s qui nous ont fait confiance et auraient souhaité une ville différente, qui laisse plus de place à la solidarité, au dialogue et aux initiatives des habitant.e.s, une ville qui respire mieux, où la fusion aurait pu être analysée et repensée. Nous en tirons les enseignements, au niveau local, mais aussi au niveau national, notre pays se tournant de plus en plus vers le conservatisme, et le populisme d’extrême droite.

L’abstention (46%) est cependant la grande gagnante de cette élection, touchant surtout les jeunes et les quartiers populaires. Elle traduit une méfiance croissante envers les institutions et la politique.

C’est pourquoi, pendant ce mandat, les 7 élus d’opposition de la liste Agir Ensemble auront à cœur de
porter la voix de la société civile, de celles et ceux qui doutent de la politique. Nous porterons aussi les idéaux des partis de gauche et de l’écologie au conseil municipal, où nous serons les vigies de l’action publique.

Les orientations budgétaires 2026 de notre commune ont été débattues en conseil municipal le 31 Mars, et le budget sera voté le 28 Avril. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les promesses de plus fortes capacités financières faites lors de la fusion sont mises à mal. Après avoir dépensé sans compter pour faire « oublier » son passage en force, le maire nous présente la facture !

Les chiffres sont accablants : une dette antérieure de 41 millions d’euros, une épargne en chute libre depuis deux ans, et une capacité de désendettement passée de 9 à 25 ans. En 2026, après remboursement de la dette, la commune ne dégagera plus de marge.

Des investissements sont annoncés, séduisants mais très couteux. Le centre nautique dont le coût a été clairement sous-estimé aussi bien en investissement qu’en fonctionnement, le gymnase de la Saulaie, un pétanquodrome… La conséquence ? Peu d’investissements sur Pierre-Bénite, une baisse de 5 % des subventions aux associations, des réductions sur certains moyens humains et sur des services du quotidien comme la suppression annoncée de la navette scolaire de Pierre-Bénite.

On nous parle de « maîtrise des charges », de « rationalisation », d’« économies de gestion ». Derrière ces mots, il y a des décisions très concrètes, qui impactent les familles, qui fragilisent les acteurs du sport, de la culture, de l’entraide, de l’éducation populaire…

Dans ces difficultés budgétaires, les baisses de dotations de l’Etat et les prélèvements ont une part de responsabilité. Mais ce n’est pas un élément nouveau : elles étaient déjà présentes en 2025 et n’expliquent pas l’aggravation prévue en 2026.

Enfin, les aides liées à la fusion vont se tarir en 2027, alors que le financement des gros investissements va augmenter.

Cette situation n’est pas viable.

La fusion nous promettait monts et merveilles : économies, dégagement de « marges de manœuvres », capacité d’investissement, efficacité financière… On nous parle sérieux budgétaire et dépenses maîtrisées. En réalité, la lecture de ces orientations décrit une commune dont les dépenses augmentent plus vite que les recettes, une commune qui commence à manquer d’air.

Mais alors, que reste-t-il des promesses de la fusion ? A quoi a-t-elle servi si, deux ans plus tard, la commune entre déjà dans une période de tension budgétaire ?

Nous refusons d’adhérer à cette trajectoire budgétaire qui fragilise le quotidien des habitant.e.s et le tissu associatif de notre ville.

Nous contacter : elus@agirensemble-opb.fr